Mauritanie 

Chinguetti, la ville-bibliothèque

Le voyage commence en Mauritanie, à Chinguetti, ancienne ville caravanière posée au bord du désert.
Les ruelles de pierre, la grande mosquée aux murs ocre et les portes en bois sculpté donnent l’impression de marcher dans un livre ancien.
Chinguetti est surnommée “la ville des bibliothèques” : derrière des façades discrètes se cachent de petites pièces sombres où des familles conservent, parfois depuis des siècles, des manuscrits sur la religion, la science, le droit ou la poésie.
On s’assoit sur un tapis, on écoute le gardien ouvrir une boîte de bois, déplier un feuillet patiné, raconter comment ces textes ont traversé le temps et le sable.
La littérature n’est plus un objet de consommation, mais une mémoire fragile, transmise de main en main.

En sortant, le désert rappelle pourquoi ces bibliothèques existaient : elles étaient des phares pour les caravaniers, des lieux d’étude au cœur des routes du commerce.
Le soir, au campement, sous un ciel couvert d’étoiles, on lit quelques pages de poésie saharienne ou un récit de voyage, et soudain les dunes, le vent, les silhouettes des dromadaires se superposent aux mots.
Le “must see” devient un chapitre, et le chapitre s’ouvre sur le silence.

Mali 

Tombouctou et les manuscrits du désert

Plus à l’est, le Mali ajoute sa propre couche de légende.
Tombouctou n’est pas seulement un nom lointain sur une carte : c’était un centre intellectuel majeur, où savants et marchands se croisaient dans les ruelles de terre.
Dans les maisons familiales et les bibliothèques privées, des milliers de manuscrits témoignent de cette histoire : traités de droit, de médecine, de mathématiques, poèmes en arabe ou en langues africaines, écrits à l’encre brune sur un papier jauni.

Voir quelques-uns de ces manuscrits, même dans un musée ou une bibliothèque de la capitale, change la manière de lire la littérature malienne contemporaine.
Quand on ouvre un roman d’aujourd’hui, on entend derrière lui l’écho de ces voix anciennes, les débats savants, les correspondances, les poèmes du désert.
Sur les berges du Niger, on peut lire en regardant les pirogues glisser sur l’eau : le fleuve devient lui aussi un texte, un long paragraphe de boue et de lumière, où passent les histoires de commerce, d’exil, de retour.

 

Sénégal 

Dakar, Gorée et Saint-Louis

Le voyage se termine au Sénégal, où la littérature se mêle à la mer et aux villes.

À Dakar, la capitale, les “must see” sont partout : le Plateau avec ses bâtiments officiels, la Corniche qui longe l’Atlantique, les marchés, les fresques de street-art, les nouveaux musées qui racontent les civilisations africaines.
Mais la ville a aussi ses cafés, ses librairies, ses résidences d’artistes où des auteurs et des poètes en résidence viennent écrire face à l’océan.
On peut lire un roman sénégalais en regardant les vagues frapper les rochers, et reconnaître, dans la fiction, les bus, les rues, les attitudes qu’on vient de croiser dehors.

 

Sur l’île de Gorée, la “porte du non-retour” de la Maison des Esclaves rend très concrètes des pages sur l’esclavage et la diaspora.
Les ruelles colorées, les maisons roses et jaunes, les marches qui descendent vers la mer deviennent un décor chargé de voix : celles des captifs d’hier, celles des écrivains, poètes, intellectuels qui sont venus ici chercher ou déposer des mots.
Marcher dans cette île après avoir lu des textes sur l’exil et le retour donne au voyage une profondeur particulière.

Plus au nord, Saint-Louis, ancienne capitale coloniale posée sur une île du fleuve Sénégal, offre un autre “must see” : pont métallique, maisons à balcons en fer forgé, lumière un peu mélancolique du soir.
C’est une ville qui se prête à la lenteur : on peut s’y promener, lire sur une terrasse avec vue sur le fleuve, imaginer les récits qui se déroulent entre colonisation, commerce, musique et migrations.
Les romans, les nouvelles, les carnets de voyage qui parlent de Saint-Louis semblent soudain moins abstraits : on reconnaît les odeurs, les couleurs, la façon dont le temps s’étire.

 

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