Je n’ai pas découvert l’Iran par hasard. Ce séjour d’une semaine est né de mes lectures : Persépolis, Les Pintades à Téhéran, les odes de Rûmî. J’avais envie de voir les lieux autrement, en gardant ces textes en tête, comme des compagnons de route.

Ce circuit n’est pas pensé pour tout voir, mais pour ressentir. Il alterne grandes villes, lieux de mémoire, espaces de silence et moments d’errance. Une manière de voyager lentement, en laissant la littérature guider les pas.

Jours 1 à Téhéran.

Téhéran ne se comprend pas en une journée. Les trois premiers jours sont consacrés à apprivoiser la ville, à observer son quotidien, ses tensions, ses respirations.
Les promenades passent par le palais du Golestan, les musées nationaux, le musée d’art contemporain, mais aussi par les rues, les marchés, les cafés et les librairies.

Les Pintades à Téhéran accompagne ces journées : humour, ironie, regard sans illusion mais profondément humain. Persépolis résonne également, rappelant à chaque instant le poids de l’histoire dans la vie intime.

Ces premiers jours sont faits pour regarder, écouter, se perdre un peu.

Jour 4 à Kashan.

Le départ pour Kashan marque une rupture de rythme. Ici, le silence s’installe.
Les maisons traditionnelles, leurs cours intérieures, la lumière filtrée, puis le jardin de Fin offrent une pause nécessaire après l’intensité de Téhéran.

Les poèmes de Rûmî prennent toute leur place : le voyage devient intérieur autant que géographique.

Jours 5 à 7 passé à Ispahan.

Trois jours à Ispahan, parce que cette ville ne se traverse pas, elle se contemple.
La place Naqsh-e Jahan, les mosquées, les ponts historiques comme le Si-o-se-pol rythment les journées. On y revient à différentes heures, selon la lumière, selon l’humeur.

Ici, la poésie mystique trouve une forme concrète. La beauté n’est pas décorative : elle apaise, elle résiste, elle parle sans mots. Rûmî accompagne les longues promenades, souvent en silence.

Jours 8 et 9 à Shiraz et Persépolis : poésie et mémoire

À Shiraz, la littérature est vivante. Les jardins, le tombeau de Hafez, les ruelles calmes donnent envie de lire à voix basse, de s’arrêter, de relire. La poésie fait partie du quotidien, et chaque pas semble dialoguer avec les vers mystiques de Rûmî.

Non loin de là, les ruines majestueuses de l’ancienne Perse Persepolis imposent une autre temporalité. Colonnes, bas-reliefs et escaliers monumentaux racontent un passé immense, celui des rois et des civilisations anciennes. La lecture de Persépolis de Marjane Satrapi trouve ici un écho symbolique : elle parle de mémoire, de résistance et de continuité, comme ces pierres qui traversent les siècles.

Ces deux jours sont chargés, émotionnellement et symboliquement.

Jour 10, Retour à Téhéran.

Le retour à Téhéran est un temps suspendu.
Les livres ne sont plus les mêmes. Les phrases lues avant le départ sont désormais habitées par des images, des lieux, des sensations. Le voyage se termine, mais la lecture continue, autrement.

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