
S’il existe un lieu au monde où la littérature ne se lit pas seulement dans les livres, mais se respire avec l’odeur du café, c’est au Café Central de Vienne.
Dès que l’on pousse la porte, on ne rentre pas dans un simple salon de thé, on entre dans l’Histoire. Sous les voûtes majestueuses et les arches néo-renaissance, l’agitation de la ville s’arrête. On est immédiatement accueilli par une statue de Peter Altenberg, assis à sa table favorite. Ce n’est pas un hasard : cet écrivain aimait tellement le Central qu’il y faisait livrer son courrier et y faisait même laver son linge ! Pour lui, comme pour tant d’autres, ce café n’était pas une étape, c’était une adresse permanente.
La Littérature de Café
À la fin du XIXe siècle, Vienne était le centre du monde intellectuel. On venait au Central pour refaire le monde. Imaginez Stefan Zweig, Arthur Schnitzler, et même Sigmund Freud ou encore Léon Trotski et Staline (qui fréquentaient les lieux à la même période en 1913 !) débattre pendant des heures sur ces banquettes de velours rouge, entourés de journaux montés sur des baguettes de bois.
C’est ici qu’est née cette atmosphère si particulière : on pouvait commander un seul café (le fameux Wiener Melange) et rester assis toute la journée pour écrire, lire ou simplement observer les passants sans que personne ne vous demande de partir.
Mon expérience sur place
Ce qui me fascine au Café Central, c’est ce mélange parfait entre le luxe impérial et la simplicité du lecteur solitaire. Le bruit des tasses, le murmure des conversations et le pianiste qui joue en fin d’après-midi créent une bulle hors du temps.
Même si le lieu est aujourd’hui très prisé des voyageurs, il garde son âme. On s’assoit, on commande un Apfelstrudel (le meilleur de la ville, promis !) et on se sent soudainement l’envie de sortir un carnet pour noter quelques lignes.
Carnet de voyage : Infos pratiques
- Où le trouver ? Herrengasse 14, en plein cœur du centre historique de Vienne.
- La gourmandise à ne pas manquer : La pâtisserie « Café Central » ou une part de Sacher Torte pour les amateurs de chocolat.
- Le conseil de lecture : Glissez Le Monde d’hier de Stefan Zweig dans votre sac. Il y décrit merveilleusement cette époque où les cafés viennois étaient les « meilleures écoles de tout ce qui est nouveau ».
- Astuce : Essayez d’y aller dès l’ouverture (07h30) pour profiter du calme absolu sous les voûtes avant l’arrivée de la foule.

Passer une heure au Café Central, c’est réaliser que les plus grands chefs-d’œuvre de la littérature européenne ne sont pas nés dans des bureaux isolés, mais dans le brouhaha joyeux d’un café viennois.


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