Au Vietnam, je ne cherchais pas à tout voir.
Je voulais alterner les lieux emblématiques et les pauses, en laissant certains livres influencer ma manière de regarder le pays.
Les romans n’étaient pas des guides, mais des filtres : ils modifiaient les lieux, sans les remplacer.
Hanoi, vieux quartiers et cafés littéraires.

À Hanoi, la découverte commence autour du lac Hoàn Kiếm et du temple Ngoc Son, où la ville se montre encore douce et presque silencieuse le matin.
Je me perds ensuite dans le Vieux Quartier, entre ruelles étroites, marchés et façades patinées, avant de m’installer dans un café à l’étage comme Loading T Café ou Tranquil Books & Coffee. C’est le moment de lire quelques pages de La douleur de la guerre de Bảo Ninh ou du Complexe du Vietnam de Pham Thi Hoai, en laissant le bruit de la rue devenir une toile de fond.
L’après-midi, le Temple de la Littérature offre des cours ombragées et des bancs où l’on peut poser un livre, sentir la mémoire des lettrés et observer le passage des visiteurs, avant de finir la journée par un spectacle de marionnettes sur l’eau ou une promenade dans les rues illuminées du quartier.
Baie d’Halong, paysages suspendus.

Dans la baie d’Halong, le temps semble s’étirer. La croisière entre les îlots karstiques et les grottes imposent un rythme lent, presque méditatif. Ici, la lecture devient secondaire, mais contempler les paysages rappelle les poèmes de Nguyễn Trãi, où l’eau et la brume sont autant de lignes que l’on suit avec les yeux. S’asseoir sur le pont, sentir le vent et laisser le paysage parler, c’est déjà lire, dans une forme de silence partagée.
Hué, cité impériale et traces impériales

À Hué, ancienne capitale impériale, la Cité impériale et ses temples invitent à la lenteur. Marcher dans les cours silencieuses, admirer les portes, les jardins et les pagodes, c’est sentir le poids de l’histoire. Les tombeaux impériaux, espacés et paisibles, prolongent cette impression.
Lire ici Les Mandarins de Phạm Quỳnh permet de ressentir l’atmosphère de la cour et de percevoir les strates de mémoire qui imprègnent la ville.
La rivière des Parfums complète la journée : un café au bord de l’eau, quelques pages ouvertes, et le temps semble s’étirer.
Hoi An, centre historique et lumières.

Hoi An offre une parenthèse lumineuse. Le centre historique, avec le pont japonais et les maisons anciennes, se parcourt lentement, entre commerces et petites ruelles. En fin d’après-midi, les lanternes s’allument et transforment la ville en décor vivant.
C’est le moment idéal pour lire au bord de la rivière, Un été de Nguyễn Huy Thiệp, ou pour s’installer dans un café comme Reaching Out Tea House et laisser les pages dialoguer avec la lumière dorée et les passants. Les ateliers de lanternes et les balades à vélo dans la campagne alentour prolongent cette sensation d’être immergé dans un roman vivant.
Da Nang, plages et modernité.

À Da Nang, la ville combine plages et modernité.
La plage de My Khe invite à s’installer pour un moment calme, tandis que les Marble Mountains offrent un contraste entre nature et architecture religieuse, avec grottes et pagodes à explorer.
Les petits cafés de ville deviennent le refuge idéal pour lire quelques pages de romans vietnamiens contemporains, en laissant les bruits de la ville devenir une ambiance, avant de finir la journée par une promenade sur le Dragon Bridge et observer le feu le week-end.
Ho Chi Minh Ville, contrastes urbains

Ho Chi Minh Ville est rapide, vivante et pleine de contrastes. Le District 1 dévoile la cathédrale Notre-Dame, la Poste centrale et le musée des vestiges de guerre, tandis que les cafés comme The Workshop ou L’Usine offrent des pauses calmes pour lire The Quiet American de Graham Greene ou des textes de Dương Thu Hương, et regarder la ville comme un roman complexe.
Le quartier chinois de Cholon, avec ses pagodes et marchés, apporte une touche différente, plus traditionnelle, et le soir, un rooftop permet de finir la journée avec un livre à la main et la ville illuminée en toile de fond.
Delta du Mékong, fleuve et vie quotidienne

Le delta du Mékong clôt le voyage sur un rythme lent et contemplatif. Balade en bateau entre marchés flottants comme Cai Be ou Can Tho, passages entre villages et maisons sur pilotis, comme ceux decrit dans Les terres oubliées de Dương Thu Hương.
Ici, la lecture se mêle au paysage, et le livre accompagne les gestes, les sons et la lumière du delta, jusqu’au retour Hanoi, où le voyage se referme doucement, comme un dernier chapitre.


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